Quels parents sont les Millennials ?

En avançant dans l’âge, la génération des Millenials bouleverse tous les codes les uns après les autres : école, études, travail, loisirs…et maintenant la parentalité. Comme dans les autres domaines, cette génération ne se contente pas de se construire en réaction à la précédente, comme ont pu le faire leurs parents après Mai 68, mais invente tout simplement un nouveau monde. Voyons de quoi ce nouveau monde est fait.

 

Les Millenials font des enfants plus tard

En 2015, l’âge du premier enfant était de 28,5 ans: 4,5 ans plus tard qu’en 1974 ; c’est gigantesque à l’échelle d’une vie. Pour l’expliquer, les jeunes parents invoquent une volonté plus affirmée de maitriser le commencement d’une famille, rendu possible par un meilleur contrôle des naissances. Un enfant si je veux, quand je veux, non plus pour satisfaire ma famille et perpétuer le groupe, mais pour éprouver ma vision du monde.

Soyons honnêtes, l’argent entre aussi en ligne de compte. Une plus grande incertitude professionnelle, couplée à la perception grandissante qu’un enfant, « ça coûte cher », amène les nouveaux futurs parents à sécuriser un revenu stable, voire à acheter un bien immobilier, avant de s’engager dans la création d’une famille.

 Maman et sa petite fille

Ils partagent beaucoup sur les réseaux sociaux

Les réseaux sociaux sont désormais la norme pour tout le monde, mais encore davantage lorsqu’on parle des Millenials. Une étude en Angleterre a montré qu’en moyenne, un enfant aujourd’hui aura plus de 100 photos de lui postées avant qu’il ne soit en âge de marcher. 20% des parents qui ont répondu à cette étude ont dit avoir choisi un prénom pour leur enfant en fonction des noms de domaines disponibles sur internet.

Les réseaux sociaux, en permettant de créer et d’animer des communautés fondées sur l’intérêt plutôt que sur la proximité géographique, redéfinissent en profondeur la notion de lien social. Combien d’entre nous communiquent quotidiennement avec des personnes à l’autre bout de la planète alors que nous ne connaissons pas notre voisin de palier – il faut dire qu’il n’a pas d’enfant, lui !

Mais ce partage permanent peut avoir des effets indésirables également. D’abord, les photos partagées ont naturellement tendance à diffuser une image idéale de leurs auteurs, qui peut alimenter des doutes chez les visiteurs : mais pourquoi ma vie n’est-elle pas si brillante ? La génération des baby-boomers, ayant moins d’exemples autour d’eux, se posaient moins de questions.

Enfin cette tendance à partager, qui peut prendre des aspects extrêmes chez certains, qui partagent des dizaines photos de leur progéniture chaque jour, amène aussi de plus en plus de parents à refuser absolument la moindre exposition de leurs enfants aux réseaux sociaux.  Le débat reste ouvert.

 Les enfants des Millennials

Les prénoms originaux sont la norme

Pour tant de générations précédentes, le prénom était la marque de l’appartenance à un groupe. On portait un prénom de famille, ou en lien avec son appartenance religieuse ou éthnique. Partant, le prénom permettait de se fondre dans la masse, en particulier à l’école. Lorsqu’on entendait un prénom particulièrement original, la réflexion qui venait immédiatement était : le pauvre enfant va se faire martyriser à l’école !

Avec les Millenials, c’est exactement l’inverse : un prénom doit être le plus original possible, pour au contraire célébrer la personnalité de l’enfant – à moins que ce ne soit celle de ses parents. La maîtresse de ma fille à l’école me confiait récemment qu’elle devait souvent attendre le jour de la rentrée pour savoir le sexe de tel ou tel enfant, tellement le prénom était exotique.

Les listes de prénoms se multiplient comme autant de millésimes à suivre pour coller à la mode : « mais c’est un prénom de l’année dernière, ca ?? » est bien une réflexion qui n’existait pas avant 2000.

 

Plus de questions, plus de réponses

Les Baby-Boomers répétaient le modèle de leurs parents, et avaient à leur disposition un ou deux livres sur la naissance et la parentalité, les grands classiques que tout le monde lisait. Pour les Millenials, c’est une tout autre histoire. Alors que les liens familiaux se délitent et que la transmission intergénérationnelle disparait, les questions, elles, se multiplient et les jeunes mamans passent jusqu’à 8 h par jour devant leur écran pendant le début de leur congé maternité pour tenter de comprendre ce qui leur arrive.

Livres, blogs, émissions se multiplient qui correspondent à autant de « styles de parentalité » ; et Google devient la caisse de résonnance de toutes les questions/réponses que peuvent se poser les jeunes parents en proie au doute.

Or, avec la montée en puissance des réseaux sociaux qui offrent le spectacle la multiplicité, le nombre de réponses et d’options possible explose, permettant à chacun et chacune de créer son propre style. A l’instar de la nourriture, l’éducation devient une multitude de niches, où chaque parent développe une approche bien spécifique correspondant à sa vision du monde, sans lien avec les codes de son groupe d’origine.

La maitresse de ma fille s’arrache les cheveux : ils doivent maintenant gérer autant de spécifications que d’enfants : sans gluten, végan, paléo, couches lavables, sans tétine, avec doudou etc.

Le corollaire de cette approche ? Une remise en question de plus en plus systématique de la parole officielle – les médecins ne comptent plus les parents qui les contredisent, arguent de théories « trouvées sur internet ». Contre les vaccins, contre les antibiotiques, etc, les jeunes parents veulent tout vérifier par eux-mêmes, quitte à s’en remettre à des théories naturelles, ou prétendues telles, qui inquiètent les médecins.

 

Les Millennials passent plus de temps en famille

Cela peut paraitre contre-intuitif, étant donné que l’immense majorité des parents millenials sont tous les deux en situation de travailler (Entre 1975 et 2015, le taux d’activité des femmes de 25 à 49 ans est passé de 59 % à 83 %), mais les nouveaux parents passent désormais plus de temps avec leurs enfants.

C’est en particulier le cas des pères ; il n’est qu’à les voir déposer leurs enfants à l’école pour s’en convaincre. Je ne me souviens pas que mon père ne m’ait jamais accompagné à l’école.

Papa et bébé ensemble sur une plage

Ce temps passé en famille ne l’est pas seulement à la maison ; les activités réunissant parents et enfant sont chaque jour plus ombreuses : yoga, gyma classes, sessions culinaires répondent à cette obsession des Millenials pour les moments partagés. Les pères alignés le long du terrain de football le samedi matin sont désormais monnaie courante.

Les parents Millenials partagent davantage les tâches qu’auparavant, même si beaucoup de chemin reste encore à parcourir ; les femmes passent encore deux fois plus de temps à s’occuper de la maison et des enfants que les hommes.

Des parents, mais pas que !

Les Parents Millenials ne réduisent plus leur identité exclusivement à leur état de père ou de mère. Prenant l’exact contre-pied de leurs parents, ils ne sont plus prêts à renoncer à leur carrière, ou à leurs passions, mais au contraire continuent à cultiver leur identité d’avant. Ils ne sont pas seulement parents, mais aussi danseuse, fan de films japonais, etc.

Ils continuent à fréquenter les musées, les concerts et autres festivals, qui d’ailleurs développent de plus en plus des offres packagées adaptées aux enfants. Cela permet à tous ces jeunes parents de continuer à vivre leurs passions, tout en y associant leurs enfants et créer ainsi des moments partagés extraordinaires – c’est-à-dire instagrammables.

 

Les Millenials ne mangent pas, ils prennent soin

Avec le retour au premier plan de l’allaitement, ce sont bien toutes les solutions les plus naturelles que les parents privilégient pour leurs enfants. Pour ceux qui peuvent se le permettre financièrement, le bio devient la norme absolue pour la nourriture des enfants, et donc de leurs parents.

Comme le dit Caroline, de Seaux : « Avant d’avoir un enfant, je faisais un peu attention à ce que je mangeais, mais le bio était une lubie pour écolos. Maintenant, je veux qu’ils se nourrissent bien, et donc le bio est devenu une évidence, non seulement pour les enfants, mais aussi par extension pour nous leurs parents. »

 

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Comme nous l’a dit Odile Broglin, qui a créé les crèches People and Baby il y a 20 ans, « les enfants durant ce temps n’ont pas tellement changé. Les parents en revanche, ne sont plus du tout les mêmes et il a fallu s’adapter. »

Il est difficile d’être définitif sur ces changements, car ils ne font que commencer, mais on peut déjà percevoir que, si que l’éducation était pendant longtemps une façon de se positionner socialement, il est de plus en plus évident que les Milenials pensent avant tout à leurs enfants comme la mise en œuvre de leur vision du monde.

Chez Happynest, nous avons hâte de les accompagner sur cette longue et excitante route.

 

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